Ngorba Niang alias Malick de la série “Idoles” – Entrepreneur & Acteur

Aujourd’hui sur le blog nous allons à la rencontre de Ngorba Niang, styliste créateur de la marque Dresscode by Ngorbatchev et acteur de la série phare “Idoles”.

Ngorba est non seulement un talentueux acteur, mais il est également un jeune entrepreneur et créateur de mode.

Waxicious : Commençons par le commencement, peux-tu me parler un peu de ton parcours, quel genre d’etudes as-tu poursuivi?

Ngorba : J’ai eu mon BAC au collège Sacré Coeur, ensuite je suis allé à l’IAM où j’ai eu mon bachelor en Finances et un Master en Marketing. A ma deuxième j’ai commencé à bosser sur des spots publicitaires, j’étais modèle pour des affiches publicitaires. J’ai également commencé à bosser dans la couture. J’ai toujours été passionné par la mode. Ma mère est commerçante, elle a son atelier et ses tailleurs, j’ai commencé à acheter des tissus et à expliquer aux tailleurs ce que je voulais qu’ils me cousent. A chaque fois que je les portais on me demandait d’où ça venait, et c’est parti comme ça. Je partageais mes modèles sur ma page Facebook, les gens ont aimé.

J’a eu à travailler à Dakar avant de partir en Malaisie, notamment au CCBM en tant que commercial, et également dans l’immobilier.

Ensuite je suis parti en Malaisie, à la base je devais y rester deux ans, mais je ne suis resté qu’une année, car en tant qu’étudiant étranger je n’avais pas le droit de travailler. J’étais parti avec mes propres économies, je ne me voyais pas demander à mes parents de m’envoyer de l’argent, donc je suis revenu à Dakar.

Ensuite j’ai créé ma propre entreprise: Dresscode. Au début je vendais même des chaussures Zara, une amie qui habite en France me les envoyait et je les revendais à Dakar. Ensuite je me suis concentré sur ma marque.

Waxicious : Quand on voit tes modèles j’ai l’impression qu’on sent l’influence du style sud-asiatique, d’où te vient ton inspiration? Est-ce que tu as mixé le style sénégalais avec le style malais?

Ngorba : On s’est inspiré de la coupe des habits indiens et on l’a mixé avec le style sénégalais. Mon inspiration vient d’un peu partout, des fois je m’inspire même de Zara parce que c’est une marque que j’aime bien. je prends des motifs qu’on trouve par exemple sur un tee shirt qu’on ne pourra jamais trouver sur une tenue traditionnelle, et je les incorpore a mes designs. C’est ce qui rend mes tenues rares et qui fait qu’on ne les voit pas partout, je tiens à ça, parce que je déteste marcher dans la rue et tout le monde porte la même chose que toi.

 

Waxicious : A mon avis l’entreprenariat est le futur de la jeunesse africaine, est-ce que ça a été facile de créer ton entreprise au Senegal? Y avait-il des challenges auxquels tu as dû faire face?

Ngorba : Le premier c’était ma mère parce qu’elle ne voulait pas que je fasse ce métier, même si c’est le sien. Elle était la première à me dire : “on a investi beaucoup d’argent dans tes études, retourne dans les bureaux.” Elle avait pour idée que si tu ne travailles pas dans une compagnie tu n’as pas réussi.

Donc il était difficile de pouvoir lui demander de l’aide étant donné qu’elle n’était pas d’accord avec ma décision. Ce serait confirmer qu’elle avait raison. Donc au début même si c’était dur je persévérais, je refusais de devoir demander de l’aide. Des fois j’avais des clients, des fois j’en avais pas.

Waxicious : est ce qu’il y a des structures au Sénégal qui aident les jeunes entrepreneurs comme toi à créer leurs entreprises?

Ngorba : C’est une question que je me pose toujours, pour moi on aide pas assez les entrepreneurs. C’est eux que l’on doit aider, si on pouvait trouver un moyen par exemple pour leur faciliter les paiements d’impôts dans un premier temps ce serait bien. C’est très dur pour un entrepreneur de s’en sortir au Sénégal parce que tu dois tout faire toi-même. C’est seulement dernièrement que j’ai formalisé mon entreprise parce que j’ai un client qui est notaire.

Malheureusement c’est du step by step ici, on commence dans l’informel et ensuite petit à petit on se formalise. Ce que beaucoup de sénégalais pensent c’est que tu dois te réveiller un beau jour et devenir riche. J’ai travaillé dur, si en 2008 on m’avait dit que je serais là où je suis aujourd’hui, je ne l’aurais pas cru.

Waxicious : Alors, parlons un peu d’Idoles, comment s’est présentée cette opportunité?

Ngorba : En fait c’est une agence de communication qui est derrière la série, c’est eux les producteurs, ils avaient lancé un casting. A la base c’était pour des spots publicitaires, quand j’y suis allé j’ai eu à travailler sur un projet avec eux et le directeur avait un projet de film. Et pour le casting ils ont introduit les personnages, leurs habitudes, leurs caractères… Et c’est à ce moment qu’ils ont vraiment pu choisir les rôles de chacun. Même si c’est de la fiction, chaque personnage a un peu de nos propres traits de caractère.

Ils m’ont proposé le rôle, je me suis dit pourquoi ne pas essayer. J’avais jamais pensé faire le métier d’acteur. Après cette proposition on n’a pas commencé le tournage, on a juste fait le pilote, j’ai refusé leur offre. J’avais au départ accepté, mais entretemps j’ai eu à faire un de meilleurs spots publicitaires du Sénégal, à mon avis. C’était le spot d’Orange. A mon avis plus on te connait, plus tu as de la valeur. Donc c’était normal que je demande un peu plus.

Je me suis rendu compte en tant qu’entrepreneur ça allait me prendre beaucoup de temps. Donc pour que je laisse mon travail il fallait que ça vaille le coup.

 

Waxicious : N’étant pas acteur a la base, est ce que ca a été difficile? Des challenges en particulier, auxquels vous avez du faire face? Est ce qu’il a fallu apprendre le métier?

Ngorba : Non cela n’a pas été difficile, je pense que mon expérience de dix ans dans les spots publicitaires m’a aidé. Parce que dans les spots on ne parle pratiquement jamais, donc il faut savoir convaincre le client sans parler, donc pour moi cela m’a aidé à aborder ce nouveau challenge.

Waxicious : Si tu avais des conseils à donner aux jeunes qui veulent se lancer dans les deux métiers que tu exerces, lesquels seraient-ils?

Ngorba : Pour l’entreprenariat je leur dirais de choisir ce pour quoi ils sont passionnés. Parce que ce n’est pas facile, et quand on a tout donné et qu’on est prêt à abandonner, c’est la passion qui nous pousse à continuer.

Pour le métier d’acteur, je dirais de croire en eux et de refuser certains cachets. Parce que c’est ce qui va faire avancer le cinéma sénégalais. Malheureusement le cachet que tu refuses, ton voisin va accepter le quart. Certains veulent juste être vu, donc ils acceptent n’importe quel cachet.

Waxicious : Y a t’il des associations d’acteurs au Sénégal?

Ngorba : Pas en ma connaissance, j’en parlais avec Babacar Waly (qui joue Cherif Maal) ce serait éventuellement un projet.

Waxicious : En dehors de ta vie professionnelle, quels sont tes passe-temps favoris?

Ngorba : J’aime aller me mettre dans un endroit calme, de preference face à la mer et manger. J’aime beaucoup le sport aussi.

Waxicious : What’s next pour toi côté carrière?

Ngorba : Je fais beaucoup de castings donc j’espère plus de films In Shaa Allah. Mais il faut que ça en vaille le coup, parce que j’ai mon travail d’entrepreneur

 Waxicious : Alors dernière question, petite question indiscrete, je suis sûre qu’il y a plein de filles qui aimeraient savoir : est-ce que Ngorba est un coeur a prendre ou pas?

Ngorba: (rires) tout ce que je peux dire c’est que je suis célibataire.

Waxicious : Donc cela veut dire que tu es un coeur à prendre?

Ngorba : Oui (rires)

 

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